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Races à risque · 8 min de lecture

Chiens à dos long : prévenir la hernie discale au quotidien

Teckel allongé au repos, race sujette aux problèmes de dos

Si vous vivez avec un teckel, vous avez probablement déjà entendu parler de la hernie discale. Ce n'est pas une inquiétude de propriétaire anxieux : c'est la principale pathologie de la race, et elle se prépare des années à l'avance.

Pourquoi ces races et pas les autres

Le teckel, le basset, le corgi, le shih tzu, le pékinois, le beagle et l'épagneul nain partagent une particularité morphologique : un tronc long porté par des pattes courtes.

Mécaniquement, la colonne travaille comme une poutre en porte-à-faux. Le poids de l'abdomen tire vers le bas sur toute la longueur du dos, alors que les appuis sont rapprochés et bas.

S'y ajoute un facteur propre à ces races, dit chondrodystrophique : leurs disques intervertébraux se rigidifient et se minéralisent précocement, parfois dès les premières années. Un disque rigide amortit mal. Il se fissure, et son contenu peut faire saillie vers la moelle épinière.

C'est pour cette raison qu'une hernie discale chez un teckel n'arrive pas « à cause » du saut du jour. Le saut du jour est la goutte d'eau sur un disque déjà fragilisé par des années de sollicitations.

Ce que le quotidien fait vraiment subir au dos

On imagine volontiers le traumatisme spectaculaire : la chute, le saut depuis la voiture. En réalité, ce qui use un disque, c'est la répétition de gestes ordinaires.

Faites le calcul sur une année. Un chien qui monte et descend du canapé dix fois par jour, c'est près de sept mille impulsions. C'est cette accumulation qui compte, pas l'événement isolé.

La descente est d'ailleurs plus traumatisante que la montée : le chien se réceptionne sur les antérieurs, et l'onde de choc remonte le long du rachis.

GesteFréquence typiqueSollicitation
Monter sur le canapé5 à 15 fois par jourImpulsion verticale, compression
En descendreAutantRéception sur les antérieurs, onde de choc
Monter sur le lit1 à 3 fois par jourImpulsion plus haute
Se dresser sur les postérieursSouvent, à la demandeExtension forcée de la colonne

Les gestes qui réduisent réellement le risque

Supprimer les sauts, pas les limiter

Un canapé accessible est un canapé sur lequel le chien montera. La seule mesure efficace consiste à lui offrir un autre chemin — rampe ou marches selon le cas — et à le rendre plus attirant que le saut.

Surveiller le poids, sans négociation

C'est le levier le plus puissant et le plus ingrat. Chaque centaine de grammes en trop tire davantage sur la colonne, en permanence, y compris au repos. Un teckel en surpoids est un teckel dont le dos travaille vingt-quatre heures par jour.

Sécuriser les sols glissants

Carrelage et parquet lisse provoquent des dérapages et des rattrapages brusques. Des tapis sur les trajets habituels coûtent peu et suppriment beaucoup de mouvements parasites.

Utiliser un harnais plutôt qu'un collier

Le collier concentre les tractions sur les cervicales. Le harnais répartit l'effort sur le poitrail — plus adapté à une colonne fragile.

Interdire les escaliers en libre accès

Une barrière en haut et en bas d'un escalier domestique supprime des dizaines de montées par jour. C'est peu coûteux et très efficace.

Éviter de le porter sous les aisselles

Soulevé par le thorax, un chien à dos long voit son arrière-train pendre dans le vide, ce qui étire la colonne. On soutient toujours le train arrière avec l'autre main.

Les signaux qui doivent alerter

Une hernie discale ne s'annonce pas toujours par une paralysie. Les premiers signes sont souvent discrets.

Un dos qui se dégrade brutalement est une urgence vétérinaire. Une faiblesse de l'arrière-train, une patte qui traîne, une incapacité à se lever : ces signes appellent une consultation immédiate, pas une observation de quelques jours. Dans les atteintes graves, le délai de prise en charge conditionne directement les chances de récupération.

Nous avons consacré un article à ces signaux précoces : les six signes qui disent qu'il a mal au dos.

Une prévention qui commence tôt

L'erreur la plus fréquente consiste à attendre les premiers symptômes pour aménager le logement. À ce stade, le disque est déjà abîmé.

Chez une race prédisposée, la prévention se met en place quand le chien est jeune et en pleine forme — au moment où elle paraît la moins utile. C'est un investissement dont on ne voit jamais le bénéfice, puisqu'il se mesure en accidents qui n'ont pas eu lieu.

Ce texte est informatif et ne remplace pas l'avis d'un vétérinaire, seul en mesure d'évaluer l'état de votre chien et de vous conseiller sur son cas particulier.

Supprimer les impulsions du quotidien

Une rampe à pente douce remplace le saut par une marche. Sur un canapé utilisé dix fois par jour, c'est le geste de prévention le plus simple à mettre en place.

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